L’EVRAS à l’école

Certains parents sont très à l’aise pour parler de relations, d’intimité et de sexualité avec leurs enfants. Pour d’autres, ces thématiques sont difficiles à aborder et demeurent taboues dans la sphère familiale. Les animations EVRAS à l’école peuvent alors servir de relais et parfois de point de départ pour en parler avec leurs enfants. Pour d’autres parents encore, au contraire, les aspects de la vie relationnelle, affective et sexuelle de leurs enfants relèvent du domaine privé et doivent être abordés à la maison dans le respect des traditions familiales. Pour assurer l’épanouissement des enfants, il est important qu’ils et elles reçoivent tous et toutes les mêmes informations,  fiables, impartiales et exhaustives.

« Je me rappelle avoir eu une animation sur la contraception en secondaire, mais rien étant enfant. Ça m'inquiète un peu, est-ce que c’est vraiment nécessaire ? »
Yannick
Papa de deux enfants

Ce site a été conçu pour répondre à toutes les questions des parents et leur permettre d’avoir une idée claire de ce que sont les animations EVRAS, de pourquoi et comment elles sont mises en place à l’école en Belgique francophone. 

Pourquoi l’EVRAS ? A quoi ça sert ? 

Au tout début, dans les années 80, les cours d’éducation sexuelle avaient l’objectif de diminuer les comportements sexuels à risque : prévenir les grossesses non désirées et se protéger des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). L’obligation scolaire permettait de donner les informations à tous les jeunes et ainsi les amener à devenir des citoyens responsables de leur santé sexuelle. 

Avec le temps, ces cours ont évolué pour répondre aux besoins des publics, des changements de sociétés et des réalités de terrain. Peu à peu, le public s’est élargi aux citoyens de tous les âges (enfants, jeunes, adultes, séniors, …), mais s’est également intégré dans d’autres lieux de vie comme les institutions pour personnes porteuses de handicap, les maisons de jeunes, les activités extra-scolaires, etc. Les dimensions relationnelles et affectives de la sexualité sont désormais prises en compte afin d’accompagner les enfants et adolescents dans leur développement et les aider à devenir des adultes épanouis. 

C’est ainsi qu’est née l’Education à la Vie, Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) qui depuis 2012, est intégrée dans les missions obligatoires de l’école. Cette démarche se fonde toujours sur l’accueil des différences, l’ouverture à l’autre, la tolérance et le respect. Elle vise à apporter une information fiable, équitable et complète afin d’aider les jeunes à développer une vision positive de la sexualité mais aussi un esprit critique sur l’hypersexualisation de leur environnement (réseaux sociaux, publicités sexistes, vidéos, etc…) et ainsi assurer leur bien-être, construire leur identité et les aider à prendre des décisions éclairées.

Qu'est ce qu'une animation EVRAS ?

Que va-t-on apprendre à mon enfant et comment ?

Qui sont les personnes qui animent les ateliers ?

« L’école de mon fils nous a annoncé qu’il y aurait des animations EVRAS, mais je ne sais pas ce qu’ils vont apprendre. Qui fait ces animations ? »
Alicia
Maman d'Ismaël

Qu’est ce qu’une animation EVRAS?

C’est un moment durant lequel les élèves vont aborder les thématiques liées à la vie relationnelle, affective et sexuelle avec des personnes spécialisées (voir plus bas) sous forme de discussions, de jeux de rôles, de quizz, etc. en partant toujours des questionnements des élèves. 

En fonction de l’âge, ces animations vont prendre des formes et aborder des thématiques différentes. 

Chez les plus grands, il arrive que les filles et les garçons soient séparés par sous-groupe, selon les besoins des élèves et leurs questions. Chez les plus jeunes, ces animations seront plutôt amenées sous forme ludique.

Combien d’animations mon enfant va-t-il recevoir ? 

Les animations s’adressent potentiellement à tous les élèves, de la maternelle à la fin du cycle scolaire. Si l’EVRAS est obligatoire à l’école depuis 2013, sa mise en œuvre varie selon les établissements. En effet, les animations sont organisées à la demande et selon le bon vouloir des écoles. D’une école à l’autre, les élèves ne recevront donc pas le même nombre d’animations

Certains établissements scolaires vont mettre l’EVRAS au cœur de leur projet scolaire et organiser plusieurs cycles tout au long de la scolarité de leurs élèves, quand d’autres organiseront très ponctuellement une animation sur tout le cycle. C’est cette disparité que la généralisation de l’EVRAS scolaire tente de contrer.  

N’hésitez pas à vous renseigner avec les directions de l’école afin de connaître les dispositions prévues par l’établissement à ce sujet. 

Qui les donne ?

Dans la plupart des écoles, les animations ne sont pas présentées par les professeur·es afin de permettre aux enfants de parler librement et d’assurer la confidentialité de leurs échanges. 

Ces animations sont généralement données par des personnes extérieures à l’école, spécialement formées aux thèmes abordés ainsi que pour intervenir auprès des jeunes. Ces intervenant·es sont invité·es le plus souvent par l’école.

Il peut s’agir de professionnel·les de planning familial (Qu’est-ce qu’un planning familial ?), du secteur associatif, ou de l’infirmier·ière scolaire ou encore du centre PMS ou PSE. 

N’hésitez pas à prendre contact avec les directions d’écoles afin de connaître les dispositions prévues dans leur établissement. 

Qu’est-ce qu’on apprend en animation EVRAS ? 

En fonction des âges et du développement des enfants, on y aborde toutes les dimensions de la vie relationnelle (les émotions, l’amitié, le pardon, le deuil, le respect des autres, savoir dire non, connaître ses limites, …), affective (l’amour, les câlins, le consentement, …) et sexuelle (le corps humain, les 5 sens, la procréation humaine, la puberté, …).  

Pour les plus petits, le discours est adapté et certaines dimensions ne sont pas abordées. Par exemple, on ne parlera pas de rapports sexuels en maternelle, mais plutôt du corps humain, des limites et du consentement, de la différence, du respect de soi et des autres. En fin de primaire, les animations séparent généralement les filles et les garçons afin de parler de harcèlement, des  menstruations, d’informer sur les protections périodiques et répondre aux questions plus générales des enfants. 

Pour les adolescent·es en secondaire, les thématiques vont tendre vers les relations amoureuses, les stéréotypes, le genre, les orientations sexuelles, mais aussi les infections sexuellement transmissibles, les moyens de contraception, le plaisir, les grossesses non-désirées, … et ainsi donner aux jeunes les informations nécessaires pour devenir des adultes éclairé·es et acteur·rices de leur santé. 

Quel que soit l’âge des enfants ou des adolescent·es, les thématiques ne sont pas fixées à l’avance. Souvent, les animations sont réalisées à partir des questions des enfants et des jeunes. 

« Dans ma famille, c’est davantage moi que mon mari qui parle de ces sujets aux enfants. Je ne veux pas qu’il y ait une barrière entre mon fils et moi mais c’est parfois difficile parce qu’il a un peu honte d’aborder ces questions »
Selma
Maman de Karim et Fathia

Y a-t-il un risque de sexualité précoce ? 

Nous vivons dans une société hypersexualisée, dans laquelle les enfants sont surexposé·es à un grand nombre de messages sexuels par le biais des médias grand public, mais aussi via les modèles ultra-stéréotypés qui leurs sont proposés (films, dessins animés, stars…). On note également un contact de plus en plus précoce avec les images pornographiques. Cette hypersexualisation peut avoir des impacts sur le développement des enfants et sur la construction de leur image. Elle peut contribuer également à la reproduction d’une société inégalitaire et sexiste. 

Les enfants ont besoin d’être accompagné·es pour appréhender ces images et pour développer leur esprit critique. Les études montrent que les enfants qui ont eu la possibilité de parler de sexualité avec leurs parents et/ou des adultes de confiance, vivent leurs premières relations sexuelles plus tardivement, sont plus sélectifs·ves dans leurs choix de partenaires et utilisent davantage les moyens de contraception.

« Au départ j’étais contre ! Si mes fils entendent parler de sexualité ça peut leur donner des idées non ? Mais après ils ont posé des questions à leur sœur sur les règles et j’ai trouvé ça super ! »
Sandrine
Maman d’Anaë, Martin et Théo

Comment répondre aux questions de mes enfants ? 

Si votre enfant vous pose une question relative à la sexualité, n’hésitez pas à lui retourner la question, afin de savoir ce qu’il/elle connaît déjà. Cela vous permettra d’ajuster votre réponse en fonction. Si vous êtes pris·e au dépourvu, vous pouvez temporiser, en disant que vous ne savez pas répondre, mais que vous allez chercher des informations et que vous lui donnerez une réponse plus tard. Vous pouvez vous appuyer sur un livre pour parler des différentes parties du corps, de la naissance, de la puberté, etc. Il ne s’agit pas de tout expliquer en long et en large mais de donner à l’enfant des informations adaptées à son âge. Utilisez des mots simples et n’essayez pas d’avoir la réponse parfaite. Si votre enfant a besoin de précisions, il/elle reviendra vers vous. 

 

Si vous ne vous sentez pas à l’aise, tournez-vous vers une autre personne de la famille ou de votre cercle proche en qui vous avez confiance et qui est d’accord pour aborder ces sujets. 

Vous pouvez également contacter les animateur·rices EVRAS du planning familial le plus proche de chez vous {LIEN vers la carte love attitude} ou en parler avec le centre PMS de l’école pour qu’ils organisent des animations EVRAS.